• "cela aussi passera" | janvier 2019 | 42

    Pour commencer en douceur, j'aimerai apporter un point d'honneur sur le numéro de cette session : 42 ou le sens de la vie. Pour un thème posé sur l'avenir, je trouve que cela tombe bien. Malheureusement, je n'ai pas lu l'œuvre de Douglas Adams (ou figure cette réponse "42"), et je n'ai absolument pas compris à quoi cela faisait réponse, entre l'univers, la vie, et j'en passe, je me sens perdue. Tout cela pour expliquer que la première phrase de l'article était une blagounette pour aborder de façon amusante le thème de la session d'eklabugs : l'avenir.

    Oui, je me répète (héhé)

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    Les limites d'une définition ?

    Je vais essayer d'être clair, car j'ai peur de moi-même me perdre dans mes pensées, à trop vouloir en dire sans vraiment savoir où je souhaite aller. Cette partie est à prendre sous une "double lecture". D'une part, j'essaie de donner une définition à l'avenir et aux termes qui lui sont proches (futur, destin, fatalité, etc...) et d'autre part, ces définitions seront un prétexte pour évoquer les limites d'une définition. Étant donné qu'il s'agit d'une double lecture, il n'y aura pas une première partie "avenir et mots qui s'en rapprochent "et de l'autre "limites des définitions". Une même phrase peut appartenir au premier point de vue (définition de l'avenir) et au second point de vue (limites des définitions) ; d'où le fait que ce soit une double lecture. Une phrase, un paragraphe peut s'entendre, se comprendre de deux manières différentes.

     

    Tout d'abord, je vais évoquer la genèse de cette petite réflexion, que vous avez peut-être aussi eu au cours de votre vie. Dans l'article initiale, je souhaitais aborder la notion de "croire au destin ou ne pas croire au destin". Et, en relisant le thème de la session, je me suis étonnée de la confusion entre "destin" et "avenir".

    Que cela soit clair, le destin sous-entend une part de déterminé, d’inéluctable, alors que l'avenir fait seulement état de ce qui n'est pas encore, et par conséquent, peut changer. Certes, je m'étonne pour peu, mais j'aime les mots. Donc, reprenons. Le destin renvoie à ce qui sera, qui n'admet point le changement, et l'avenir renvoie à ce "qui est à venir", en admettant le changement. Il est peut-être plus question d'anticipation dans l'avenir, ce qui n'est pas le cas dans le destin. Bref. Ces deux termes sont différents sur un point majeur "la possibilité de modifier". L'un l'admet, l'autre non. Pourtant, j'ai confondu "destin" et "avenir", "croire en ce qui est inéluctable et insaisissable avant que cela n'arrive", et "croire en ce qui est évitable et parfois saisissable avant que cela n'arrive". Ces deux termes s'opposent, en ce sens, et je les avais, en mon esprit, situé à un niveau égal de définition.

     

    De là, se dégage deux points. Le premier est celui de nuances et un second, celui de la nécessité d'une définition. S'il existe des nuances, il faut être sûr que nous posons les mêmes nuances, que nous parlons des mêmes choses. Si une personne savait que "avenir" et "destin" étaient sémantiquement différents et qu'il discutait avec la moi qui n'avait pas pris conscience de cette différence, je ne comprendrais pas son discours. Il différencierait "destin" et "avenir", quand moi je les mettrais à définitions égales. Dans cet article, tout peut vous paraître évident, limpide, mais il faut garder en conscience qu'il existe bien des mots où nous confondons les définitions, ce que cela implique, etc... Donc, avec ou sans nuance, définir et délimiter son sujet et les termes employés est primordiale. Il est possible de tomber sur des réflexions similaires à une autre personne, et ne pas en parler de la même manière, ce qui peut impliquer un désaccord. Petit exemple. Je regardais une vidéo d'Absol vidéo, intitulé "Vous êtes tous égoïstes". Je suis assez d'accord avec ce qu'il dit, pas tout mais je me suis posée les mêmes questions. Toutefois, ce qu'il nomme égoïsme, est selon moi, bien plus complexe. Toujours de mon point de vue, dans égoïsme il inclut la notion de prendre soin de soi, l'hédonisme, et d'autres termes qui me sont sortie de la tête. Dans égoïsme, je place plutôt la notion d'une "importance privilégiée pour soi et ce qui s'en rapporte". Est-ce que sauver des personnes que l'on aime car il nous serait trop difficile de vivre sans est égoïste de son point de vue, ou du mien ?" *

     

    Aussi, définir ses termes avant de développer son point de vue est plutôt pratique. Au moins, nous ne sommes pas coupés quand on lit, prend connaissance du discours de la personne. Si vous ne compreniez pas pourquoi on fout les définitions dans les introductions, maintenant vous saurez que c'est plutôt méthodologique.

     

    Pour récapituler, définir un terme est primordial pour aborder une réflexion, une discussion ensemble, éviter les malentendus, etc.. Mais, la définition possède un léger problème : elle ne pourra jamais parfaitement rendre compte de ce qu'un mot signifie. Autrement dit, la limite qu'une définition impose est une limite de la définition. Pourquoi ?

    Pour les raisons exposées si dessus, si ce n'est pas bien foutu ! Étant donné que nous entendons chaque mot à notre manière, avec des ressemblances et des divergences, nous ne serons jamais d'accord sur LA définition d'un terme en particulier. Cela explique pourquoi les définitions évoluent au cours du temps, pourquoi les auteurs s'acharnent à définir un même terme depuis des décennies et pourquoi, en approfondissant nos connaissances sur un domaine, certains mots deviennent indéfinissables, vide de sens. Petit exemple, je suis en psychologie et, je ne sais pas à quoi rapporter le terme "folie". Avant, il faisait sens. maintenant, moins.

     

    Donc, la définition exclus alors qu'elle cherche à englober le plus possible. Cela permet de délimiter des termes. Pourtant, certains mots ont des définitions assez similaires. En me renseignant sur les définitions de "avenir" et "futur" sur le larousse en ligne, j'ai remarqué cela : certains termes ont des définitions vachement identiques (à quelques mots près) et pourtant, on ne les utilisera pas de la même manière.

    avenir : "Le temps à venir, le futur"

    futur :  (1) "Se dit d'un temps, d'une période à venir ; se dit de ce qui se produira dans ce temps, cette période" (2) "Qui va arriver, qui se fera, qui sera tel dans un avenir plus ou moins proche"

     Je tiens à préciser : pour avenir il y avait plus de définition (4 au total). Mais, ces deux mots font état de ce qui est "à venir".

     

    Pourtant, le futur est plutôt vague, selon moi, fait attrait à ce qui n'est pas encore, qui est indéfinissable, rend seulement compte que nous ne sommes ni dans le passé, ni dans le présent. Il s'agit d'un indicateur temporel. Tandis que l'avenir, comme dit précédemment, à une notion d'anticipation, de définissable. Ainsi, "nous ne pouvons croire au futur", car le futur sera. "Nous pouvons croire en notre avenir" car il est tout à fait possible d'être certain de ce que nous avons planifié. Et "nous pouvons croire au destin", où nous ne remettons pas les forces entre nos mains, mais dans quelque chose de pré-établie, "nous existions avant même d'être". Quant à la fatalité, elle aborde la même notion de destin, mais avec une note péjorative.

     

    Pour résumé. Une définition essaie d'être complète, même pose des limites en excluant ce qui fait partie de l'objet à définir, et en étant assez flou dans le cadre du dictionnaire. Bref, cela doit servir à délimiter. Pourtant, à trop vouloir délimiter en englobant un maximum possible, nous en venons à une confusion des définitions. Par exemple, pléonasme, tautologie ou lapalissade. La différence entre les définitions de pléonasme et tautologie sont d'une subtilité dans les dictionnaire - au moins le larousse 2009 (celui que j'ai chez moi, parce que fin primaire oblige).

     

    * je n'ai pas étoffé les définitions d'égoïsme car là n'est pas la question, mais je vous donne la vidéo ; vous aurez ses propos directement et pas seulement mes reformulations

    Vous êtes tous égoïstes par Absol Vidéos

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    Paradoxe de la lutte contre le temps ou pourquoi ce titre ?

     


    Comment cette capitale s'est évaporée - DBY #51 par DitryBiology

    Au départ, je voulais parler de cette phrase "cela aussi passera". Apporter ma pierre à l'édifice, ce que je n'ai pas fais, car mes désirs ne sont jamais la réalité et tant mieux. Mais une petite question que je me pose.

    Si dans "cela aussi passera", que le "cela" est le destin. Est-ce que ce phénomène de déterminisme préalable des évènements au cours de l'existence, d'une vie, peut prendre fin  ?  Et cela est-il passé  ?  Cela passera-t-il  ? 

     

    Donc là, je me suis éloignée de la définition d'avenir.

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    Petite citation d'Aristote

     

    Je voulais la caller quelque part, donc j'en fais un segment spécialement pour elle. Je l'ai découverte via une vidéo de e-penser.

    "Puisque le passé n'est plus, le futur n'est pas encore et que le présent est déjà fini quand il a commencé, comment pourrait-il y avoir un être au temps ?"

     


    Pourquoi la flèche du temps - Ep. 15 - e-penser par e-penser

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    Crédits

    Eyael_ :
    Projet Eklabugs : L'avenir nous le dira

    Eriyu :
    L'avenir

    Chtitefourmi :
    [Projet #Eklabugs] L'avenir & co

    Gaellah :
    L'avenir

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    Je tiens à préciser que ma réflexion n'est peut-être pas très claire, je crois avoir perdu le fils (héé... désolé, Ariane)


  • Commentaires

    1
    Mercredi 30 Janvier à 18:33

    Passionnant ton article. Effectivement il est intéressant de distinguer avenir et destin mais perso, je ne crois pas au destin, fatalité, tout comme je ne crois pas en une entité qui déciderait pour nous même si beaucoup d'entités décident pour nous en toute violation du libre arbitre, plan sur lequel nos consciences évoluent actuellement. Après s'il existe d'autres plans où le libre arbitre n'est pas, la dualité n'est pas, c'est un autre débat auquel je n'ai pas les réponses. Et je n'ai pas vraiment les réponses du moins les preuves de ce que j'avance donc on reste toujours dans un débat plus ou moins philosophique. Mais je te rejoins sur bien des points pour ne pas dire quasiment tous.
    Tu sembles faire la distinction entre "futur" et "avenir", ce qui m'a aussi interpellée en tant que linguiste et je me suis rendue compte que dans beaucoup de langues, il n'y avait qu'un mot pour les deux notions. En latin, futurus signifie "à venir".
    En anglais, il y a un autre mot (rarement employé) "the hereafter", qui litérallement pourrait se traduire par le "après ici, ou après maintenant".
    Je ne sais pas si ça apporte de l'eau au moulin mais c'est linguistiquement intéressant. J'ai traduit un article sur la perception du temps et le langage qui est programmé pour février, il devrait t'intéresser.

    2
    Dimanche 10 Février à 11:34

    J'aime bien ton article. J'ai été vraiment intéressée quand tu as parlé du destin et de l'avenir. En fait, dans mon esprit, j'imagine le destin comme un point à atteindre, tandis que l'avenir est comme une grande étendue avec plein de possibilité.

    Pourtant, je crois sincèrement qu'on peut changer notre destin, que ce n'est pas une fatalité.

    Je crois que j'ai compris pour la première fois à quoi servait la limite des définitions dans une dissertation !

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