• conneries sur la psycho | mai 2019 n°46

    Le sujet pour cette quarante-sixième session d'eklabugs me semblait, de prime abord assez simple. Mais, force est de constaté que nous sommes le 29 mai et, rien n'a été encore rendu de ma part. Seulement hier, une illumination m'est venue à l'esprit, parlons des conneries que l'on entend sur la psychologie.

    Un domaine bien vaste et assez obscur dans le sens commun, où il devient plutôt facile d'en dire n'importe quoi. On croit plus facilement ce que l'on entend des films et séries, que des spécialistes. On s'y connaît mieux que ceux qui étudient dans ce domaine. Bref. A partir de là, on peut inventer sa propre science et faire passer n'importe quelle idée reçues pour vraie. Il est difficile de démystifier, "débunker" (?) tout ce petit merdier. Mais, avec un peu d'effort et de volonté, à force d'exposer les gens à un discours au contenu somme toute vraisemblable, peut-être seront-ils à même d'avoir une idée un tantinet plus précise sur le sujet.

    Don de psychologie ? Schizophrénie et trouble dissociatif de l'identité ? Je fais le psy pour mes amis ?

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    Avant-propos

    Dans une session précédente (janvier 2019 n°42), j'avais blablaté sur l'importance de définir, et les limites qu'imposent une définition.

    • parler de la même chose (question de compréhension)
    • éviter les astuces sémantiques  («lol mé si on di que sa ve pa dir sa, mé sa, g rézon»)
    • alléger le développement
    • ne jamais être assez parfaites (on peut difficilement tout dire)
    • etc...

    D'ailleurs, voici un petit exemple sur le fait que les définitions c'est cool : Hygiène mentale - EP 19 Athéisme, Agnosticisme - Croire ou ne pas croire (time code : 14:10), vous pouvez vous arrêtez à 18:29. Et, je vous renvoie aussi vers cette vidéo de Monsieur Phi - Pourquoi se disputer sur le sens des mots ? | Grain de philo #25

    Dans plein de situations, définir est important. Et je dirais même plus, quand vous débattez (je m'éloigne du sujet, je sais), formulez précisément votre question. Ça peut éviter les malentendus. Donc, définitions et questions en premier, et après on raisonne. Ici, on va faire la même.

    De quoi allons nous parler : de psychologie et d'idée reçues
    Le but : les ABATTRE (les idées reçues sur la psychologie).

     

    conneries sur la psycho | mai 2019 n°46
    source : https://rincondeanimes.wordpress.com/2015/12/22/one-punch-man-resena/

     

    La psychologie, c'est quoi ? De quelle(s) définition(s) parlé-je ?

    Selon, le Larousse en ligne, nous avons 4 définitions de ce terme :

    1. "Discipline qui vise la connaissance des activités mentales et des comportements en fonction des conditions de l'environnement."
    2. "Connaissance empirique, intuitive des sentiments, des idées, des comportements humains : Cet homme manque de psychologie."
    3. "Ensemble des caractères, des sentiments exprimés dans une œuvre : La psychologie élémentaire de certains films.
    4. "Ensemble des idées, des sentiments propres à quelqu'un, à son groupe : La psychologie américaine."

     

    L'université de Lausanne propose cette définition : "science ayant pour but de comprendre la structure et le fonctionnement de l'activité mentale et des comportements qui lui sont associés"

     

    Lorsque je fais usage du terme psychologie, je l'emploie davantage comme décris dans la définition 1 du Larousse - bien que je la trouve quelque peu incomplète, et de l'université de Lausanne (ou LauLau pour les intimes, mais personne n'utilise ce surnom). Pour les mots clefs :

    • science

    • connaissance
    • comprendre
    • (fonctionnement de l') activité(s) mentale(s)
    • comportement
    • structure
    • (en fonction de l') environnement... ou pas (ça dépend du secteur de la psychologie)

     

    Et en parlant de secteurs

    source : http://www.trouver-un-psy.fr/la-psychologie/

    Pour faire simple (explications plus qu'approximatives, ne les prenez pas comme vraie) :

    • psychologie normale : les trucs d'un peu tout le monde (sommeil, perception, etc...)
    • psychobiologie : les trucs qui explique dans ta tête ou dans ton corps comment ça se fait que ça se fait
    • psychopathologie : les trucs de quand t'es malade de la tête (PS : la psychanalyse n'est pas une science)
    • psychologie sociale : les trucs d'autour de toi et de toi qui détermine ton comportement

     

    Bref. La psychologie est un domaine excessivement vaste. On a pu la définir tantôt. Il s'agit d'une science (molle ou demi-molle .... smirk smirk).

    Maintenant que l'on sait un peu mieux de quoi on va parler (la psychologie comme discipline scientifique, etc...). On va définir la suite de cet article.

     

    Qu'est-ce qu'une idée reçue ?

    Selon wikipédia (c'est la seule définition que j'ai pu trouver*) : "Une idée reçue est une opinion, située entre le stéréotype, le cliché et le lieu commun."

    Oui, c'est du rapide.

    source : https://antoinedanielgifs.tumblr.com/page/11

    * En fait, comme j'utilise ecosia, le référencement est peut-être différent du vôtre. Du coup, si vous utilisez un autre moteur de recherche, vous aurez certainement accès à d'autres définitions. J'avoue avoir la flemme de chercher (oui, EXCUSEZ !). Vous pouvez indiquer d'autres définitions plus clair en commentaires, si possible sourcées - que je puisse étayer mon petit article.

     

    Les idées reçues sont orchidoclastes et dangereuses

    Les idées reçues gâchent des vies, surtout quand cela est en lien avec des domaines concernant la santé. Oui, avoir une certitude erronée peut coûter la vie. Et, je pense que lorsque ce que l'on pense peut avoir un impact délétère sur autrui, il vaut mieux se renseigner.

    Mais, je tiens à le dire. Je fais cet article surtout pour moi, car... dans beaucoup de discussions sur la psychologie, avec des gens qui ne s'y connaissaient pas, je finissais par arrêter de parler, commençant à en avoir marre de les contre-dire. Ça peut sembler cons (lol c le t'M 2 la Csion). Ensuite, à chaque fois que j'avançais une pensée, même quand la discussion n'a rien à voir avec la psycho, fallait que "j'arrête avec mes trucs de psycho". Puis, de toute façon "tu nous manipulent". Puis, "j'aime pas les gens en psycho, j'ai l'impression qu'ils m'analysent". Puis "les psy sont tous les mêmes" (yes... Non). Puis, même quand t'es pas encore en licence 1 de psycho, les gens te sortent déjà tous ces clichés "t'es au lycée et tu veux faire psycho... analyse-moi" (si, ça existe, des gens qui te sortent ça) ... C'est quand même assez étonnant, je trouve que l'on mette au même piédestal un collégien, lycéen, étudiant et psychologue - sur un domaine qui s'apprend.

     

    source : https://www.tumblr.com/search/linksthesun

     

    Au mieux, évitez de propager des idées reçues. Au pire, faites preuve de logique en les communiquant.

    Les idées reçues pullulent dans les médias (journaux, youtube, livres, films, musique, radio, etc...). Il devient, parfois, difficile d'expliquer qu'un réalisateur de film n'est pas un spécialiste de la psychologie et peut propager des idées fausses (psychologie ou autre, btw). Et, spoiler alert : ouais, y'a des conneries sur facebook. Renseignez-vous.

    Les hommes de paille, ça tue les conversations. J'ai essayé de ne pas en mettre. Si tel est le cas, précisez-le moi, je ferais en sorte de mieux développer en commentaire.

     

    Psy... chologue, chiatre, chanalyste, chothérapeute, chopathe ? La différence

    Un psychiatre est un médecin (pas un psychologue, bien que son métier entre aussi dans le domaine de la psychologie) et peut prescrire un traitement médicamenteux - le seul à ma connaissance.

    "Pour devenir psychiatre, il faut le Bac S, suivi d’au moins 10 ans d’études médicales. Au terme de la PACES (première année commune aux études de santé), suivent deux années consacrées à l’enseignement des bases théoriques de la médecine et aux premiers stages hospitaliers. Les 4ème, 5ème et 6èmes années consacrent l’acquisition d'une formation médicale complète. En fin de 6ème année, les résultats aux épreuves classantes nationales (ECN) conditionnent le choix de la spécialité et/ou de la région où effectuer son Diplôme d'études spécialisées – ou internat - pendant 4 ou 5 ans. Au terme de ce cursus, le diplôme d'État de docteur en médecine, avec mention de la spécialité, est délivré après soutenance d'une thèse." source

    Un psychologue est un psychologue, et ne peut pas prescrire de médicament. L'obtention de ce titre est obtenable avec un minimum BAC+5. Il faut la validation des trois années de licence, ainsi que deux deux années de master, et au moins 500h de stages. Le psychologue n'étant pas médecin, il ne PEUT PAS prescrire de traitement médicamenteux. S'il le fait, dite-lui qu'il n'en a aucunement le droit.

    Un psychanalyste est un psychanalyste et nécessite une psychanalyse. Cela peut se coupler avec n'importe quelle autre profession (psychologue, agriculteur, fonctionnaire, footballeur, etc...). C'est un titre très peu règlementé et, un domaine très controversé scientifiquement.

    Un psychothérapeute est soit un titre ajouté aux professionnels étant règlementé (psychologue set psychiatres), soit à des psychanalystes, soit j'en sais rien.

    Je vous recommande la lecture cet article :
       Psycho-septique #2 : les psys, la psychologie, vocabulaire

    Un psychopathe est une personne pas très gentille (je déconne... cette définition n'est pas la vraie définition... j'avais la flemme, je l'admets).

     

    Tous les psychologues sont psychologues cliniciens (NON)

    Comme vu tantôt, la psychologie possède plusieurs secteurs, domaines d'études. Et, si vous avez lu le précédent lien, vous savez qu'il existe des spécialisations.

    Ainsi, une personne présentant le titre de psychologue a fait trois années de licence, et deux années de master (et d'autres obligations). Et, tous les masters (et doctorats, aussi) ne sont pas des masters de psychologies cliniques, ou psychopathologies.

    Liste non exhaustive :

    • psychologue clinicien
    • psychologue de la santé
    • neuropsychologue (clinicien et/ou cognitif)
    • psychologue sociale
    • psychologue du travail
    • gérontologue
    • etc...

     

    Psy, ne veut pas nécessairement dire "psychologue". Et "psychologue" ne veut pas nécessairement dire "psychologue clinicien". (Psychologue est un titre. Cela n'indique aucunement sa spécialisation.) Rien qu'en sachant cela, cela permet de relativiser sur plusieurs idées reçues. Exemple : "les psy sont tous les mêmes."

     

     

    Les psychologues cliniciens c'est pour les fous (Toujours pas)

    Bien heureusement, non. Qu'un psychologue clinicien exerce dans un hôpital, en prison, en libéral ou que sais-je, il ne verra pas que des fous - si tenté est que l'on puisse qualifier une personne de "fou/folle". Vous pouvez aller consulter pour des problèmes qui vous semblent minimes, comme des problèmes plus sévères. La santé mentale, ça s'entretient.

    Cette idée reçue est particulièrement dangereuse car dans le cadre de troubles sévères, la prise en charge peut arriver tardivement, voire ne jamais venir. Cela peut être la peur d'être considéré comme "fou" par soi, par l'entourage, par le professionnel de santé, ou autre.

    Démystifier cette idée reçue est juste excessivement important. Elle participe à laisser des personnes dans la souffrance. Donc, peu importe vos idées reçues sur les patients des psychologues (cliniciens/du travail/neuropsychologue clinicien ou sur les patients des psychiatres, ou que sais-je), pour votre bien et le bien de vos proches, ne jugez pas les gens qui consultent pour leur santé mentale.

     

    PS : Comme le dit si bien le psylab dans leur vidéo Personne n'est schizoprhène : « Personne n'est schizophrène [...]. On n'est pas schizophrène, on souffre de schizophrénie». (Vous n'êtes pas le diagnostic.)

     

    Les psychologues analysent (hm...)

    Lesquels ?

    Les psychologues cliniciens, bien évidemment ! Mais, par exemple, les psychologues travaillant dans le domaine de la recherche, font des analyses... statistiques. Pas sûr que la courbe de Gauss soit d'une grande aide pour connaître le vécu d'une personne. Et au passage, un psychologue d'orientation analytique renvoie à un psychologue qui, indépendamment de sa spécialisation, utilise la psychanalyse dans sa pratique.

    "Analyse" dans le sens "cerner les gens". Je sais. J'ai compris. Mais, soyez précis. Diantre.

    Bon. Dans cette idée reçue, on peut viser les psychologues cliniciens, les gens en psycho, et ceux qui vont y aller. Autrement dit, une déformation professionnelle qui arrive même sans la profession. Mais, je vais rester de bonne foi.

    La question est donc : est-ce que les psychologues cliniciens analysent dans leur travail ? comment ? pourquoi ? pouvons-nous observer une déformation professionnelle de l'analyse ?

    Concrètement, pour déterminer comment orienter les futurs entretiens, il faut bien passer par une phase "d'analyse" mais une analyse EN LIEN avec la problématique du patient. Donc, le but n'est pas de lire les pensées de ses patients ou deviner son vécu. Ensuite, l'analyse est faite dans un cadre professionnel. De ce fait, le mot "analyse" n'a plus le même sens que dans l'idée reçue.

    Si dans un cadre non-professionnel (ex : la rue), un gars vous dit qu'il est psychologue clinicien, il n'est pas dit qu'il vous écoutera. Ensuite, s'il vous laisse parler, c'est vous qui initier la possibilité d'une "analyse", et pas lui qui s'est porté volontaire. Et, de plus, pas dit qu'il vous analyse.

     

    Faire le "psy" pour ses amis

    (Ici, j'aurai tendance à dire que "psy" visent principalement les psychologues cliniciens. Mais, peut-être que d'autres "psychologues" sont confondus dans le lot.)

    Cette expression sous-entend que le métier de "psy" se résume à l'écoute. Bien sûr, il est nécessaire d'écouter. MAIS, il ne faut pas oublier la prise en charge thérapeutique. En tant que "ami psy", vous avez pu éviter à votre ami de passer du côté obscur de la force. Et, c'est excessivement important. Toutefois, un "psy" ira plus loin dans la démarche en évitant que cela se reproduise.

    Être l'ami psy est une première étape. Ensuite, faites en sorte d'orienter vos amis vers des personnes plus compétentes. S'il ne le souhaite pas, demandez conseil à des professionnels (pour vous, votre ami, son entourage, etc...), et restez ami avec votre ami. En gros, ne vous engueulez pas avec lui car il ne souhaite pas aller voir un psychologue (cela aura un impact néfaste sur vous, lui et votre relation - alors que le but est de préserver vous, lui et votre relation).

    Soyez des amis "psy" et les amis des "psys".

     

    Les psy nous manipulent

    "S'il savent comment manipuler c'est qu'ils nous manipulent" est un sophisme. Cela semble logique, mais le résultat est faux. Donc, utiliser cet argument pour justifier cette idée reçue est un manque de réflexion de votre part (pe'fect, le thème est la connerie).

    En psychologie sociale, nous voyons effectivement des méthodes de manipulation. Toutefois, elles ne nous sont pas enseignées dans le premier but de manipuler les gens. Déjà, le fait de nous les présenter permet de les identifier, éviter de se faire avoir et, éviter que d'autres personnes se fassent avoir - en les transmettant à notre tour.

    Bien sûr, cela n'exclut pas le fait que l'on puisse les utiliser. Et, ce n'est pas parce qu'il s'agit d'une thématique de psychologie sociale que seul les psychologues sociaux les emploient. Ne généralisez pas à l'entièreté des personnes présentant le titre de psychologues ou aux psychologues sociaux.

    Je vous invite à jeter un coup d'œil sur la chaine youtube de horizon-gull, ainsi qu'à leur site web Hacking social, mais aussi à la chaine youtube Psynect. Ça parle aborde - parfois - la psychologie sociale.

     

    Le don de psychologie

    Dans cette expression le terme "don" est à comprendre comme : "Talent, disposition, qualité de quelqu'un, que l'on considère comme innés, naturels : Avoir un don pour la musique." (Larousse en ligne). Et "psychologie"... ¯\_()_/¯ Ici, le terme "psychologie" n'a de sens qu'avec le terme "don".

    L'expression dans son ensemble signifie "lire les autres comme dans un livre ouvert". En gros, une personne présentant un don de psychologie est doté d'une capacité naturelle à pouvoir comprendre, et déduire de la personne des caractéristiques de sa personnalité, de son vécu, son mode de fonctionnement ou anticiper la fin d'un scénario, film, histoire, série, etc... (une définition made by tsunn). En plus cours, "cerner (les gens)".

     

    Soyons clair : c'est de la MERDE. Voilà. Et cette idée reçue pose plusieurs problèmes.

     

    Problème 1. Quelle définition exacte peut-on donner à cette expression ?

    J'associe cette expression à "lire les autres comme dans un livre ouvert". Sauf que, certains ne font pas qu'observer, donc "lire" ne va pas. Et, "les autres" est trop réducteur, puisque certains l'étendent à des scenarii.

     

    Problème 2. Mauvais choix de mots.

    1. don

    Précisons. On peut avoir une facilité dans un domaine, "avoir un domaine de prédilection". Bien sûr, quand on a un don en dessin, on sera doué MAIS il faudra tout de même passer par une phase d'apprentissage. Sauf que, pour le dessin, on peut être nul à la base et décider de s'entrainer. Il ne s'agit alors plus d'un don ou d'un domaine de prédilection pour ces personnes-ci.

    Or, pour le "don de psychologie, certaines personnes affirment avoir développé cette qualité plus tard dans leur vie. Étaient-ils prédisposés ou est-ce du au hasard de leur vie ? Le terme "don" est-il adapté ?

    2. psychologie

    Cela nourrit l'idée reçue que les "psy" et "gens en psycho" analysent.
    On peut confondre psychologie et mentalisme ou, mentalisme et "don de psychologie".

    Je me suis donc renseignée sur ce mot si énigmatique.

     

    Mentalisme (Larousse en ligne)

    1. "Conception selon laquelle la psychologie a pour objet d'étude les divers « états de conscience » et sa méthode privilégiée l'introspection."

    2. "Attitude de ceux qui, dans un système linguistique, considèrent le contenu comme élément déterminant de l'expression, et font de la linguistique une partie de la psychologie."

    1. Notion d'introspection. Dans le "don de psychologie", il n'est pas question d'introspection
    2. Notion de système linguistique. Dans le "don de psychologie", il est plutôt question d'observation, rarement de parole.

     

    Selon wikipédia (ce n'est pas une source, je sais), il existe deux types de mentalisme : l'illusionnisme et la psychologie.

    • Mentalisme psychologie : "une approche qui vise à comprendre le fonctionnement de l'esprit humain et plus particulièrement de la conscience en utilisant largement l'introspection"
    • Mentalisme illusionnisme : 
      • "un art du spectacle qui consiste à créer l'illusion de facultés paranormales ou d'une spécialisation dans la maîtrise des capacités mentales humaines (la télépathie, la psychokinésie, l'hypermnésie, clairvoyance, etc.), dans l'objectif de divertir un public" 
      • "Le mentalisme est un art du spectacle qui consiste à présenter des performances, sur les thèmes de l'étrange et les facultés mentales. Les mentalistes utilisent différentes techniques. Entre autres :
        • la psychologie : déduction avec la lecture à froid, intuition, équivoque ;
        • la suggestion : hypnose ;
        • le développement de la mémoire : mnémotechnie, calcul rapide ;
        • l'illusion : prestidigitation, manipulation, magie mentale."

     

    Dans le "Mentalisme psychologie", on se retrouve avec la définition 1 du Larousse en ligne. Dans le "Mentalisme illusionnisme", la partie "déduction avec la lecture à froid, intuition, équivoque" semble correspondre, de prime abord. Mais, la lecture à froid n'a aucun fondement scientifique. Idem pour l'intuition. Et le principe de l'équivoque est de jouer sur les mots. En somme, rien de solide. Donc, là aussi, le terme de mentalisme est moyen.

     

    Autre idée, "l'intelligence interpersonnelle" dans la théorie des intelligences multiples de Gardner. Où trouvons-nous ce terme exactement ? Il faut aller dans la psychologie normale, plus précisément la psychologie générale et cibler un domaine d'étude : l'intelligence. Puis, parmi plusieurs théories sur ce domaine, en choisir une (Théorie des intelligences multiples de Gardner). Et parmi les 7 intelligences (initialement proposées), en choisir une : l'intelligence interpersonnelle. En gros, une notion bien faible par rapport à ce qu'englobe la psychologie. CEPENDANT, "lire les autres" est une caricatures de cette intelligence. Donc, là aussi, l' "intelligence interpersonnelle" est une notion bien faible.

     

    « Alors pourquoi ne pas garder l'expression de base "don de psychologie" ? ». Comme dit, cela nourrit les amalgames, et n'est pas assez précis.

     

    Problème 3. Comment savoir qui possède ce don ?

    Avant même qu'une personne ne se soit renseignée :

    • elle peut s'assigner cette qualité
    • les autres peuvent lui assigner cette qualité
    • elle et les autres peuvent lui assigner cette qualité

     

    Qu'est-ce qui lui a permis de savoir qu'elle voyait juste auparavant ? Pourquoi ? Si quelqu'un la contre-dit, comment fait-elle la différence entre un voilage de face ou non ? Est-ce que ses compétences sont comparables à l'effet Barnum ? Pourquoi ? Est-ce parce qu'elle est en psychologie ou parce qu'elle l'a prouvé qu'on lui assigne cette qualité ? Admet-elle posséder ce don ? Comment fait-on la différence entre une personne qui sous-estime, sur-estime, estime ou n'estime pas ce don chez elle à raison ou à tord ? Est-ce que n'importe qui pourrait déduire les mêmes choses qu'elle ou pas ? Est-ce que ce qu'elle déduit d'une personne est spécifique à "cette" personne ou n'importe qui ?

     

    Et, dans les réponses données, faites attention aux :

    • biais de confirmation d'hypothèses (sur-estimer les preuves allant dans notre sens ET sous-estimer voire oublier les preuves qui nous contredisent)
    • preuves anecdotiques (ça reste une anecdote, rien de tangible)
    • l'effet Barnum (faire passer des généralités pour spécifique à une personne)
    • les TIP (théorie implicites de personnalité : "croyances quotidiennes des personnes sur la personnalité", source)

     

    Problème 4. Comment savent-ils s'il ont tord ? Comment savons-nous s'il ont tord ?

    La réfutabilité. Excessivement important. On ne peut pas avoir toujours raison. Et, ce n'est pas parce qu'ils présentent ce "don" (ou prétendent le présenter) que leur opinion sur quelqu'un devient encore plus vraie.

     

    Problème 5. Un pouvoir entre leurs mains

    Deux mots : prophétie autoréalisatrice (ou prophétie auto-réalisante).

    Exemple. Vous pensez qu'une personne est méchante. Vous la regardez mal. Elle vous regarde mal en retour. Vous vous dites qu'elle est méchante car elle vous a mal regardé.
    La question est, vous a-t-elle mal regardez car, elle est méchante ou car vous l'avez mal regardé ?

    En somme. Avoir une croyance sur une personne, que l'on va confirmer par un comportement, sans s'en rendre compte (on s'auto-manipulent !!). Cela va provoquer chez la susdite personne un comportement qui va renforcer notre croyance sur elle. Autrement dit, vous forcez le destin. Qui sont ces gens pour vous dire ce que vous êtes ou non ? Qui sont ces gens pour vous dire ce que les autres sont ou non ?

    Avec toute la famille, effet Pygmalion, effet Golem, et j'en passe, on peut créer des criminels, ou bien, de vrais SJW. Donc, faites attention quand vous entendez une personne parler d'une autre personne.

     

    Schizophrénie, bipolarité, troubles dissociatifs de l'identité, saute d'humeur

    Schizophrénie : «Psychose délirante chronique caractérisée par une discordance de la pensée, de la vie émotionnelle et du rapport au monde extérieur.»

    Troubles bipolaires : est un trouble de l'humeur, « Le trouble bipolaire de type 1 est caractérisé par au moins un épisode de manie alors que le trouble bipolaire de type 2 est caractérisé par au moins un épisode de dépression et au moins un épisode d'hypomanie.»

    Trouble dissociatif de l'identité : est l'un des 5 troubles dissociatifs (l'amnésie dissociative, la fugue dissociative, le trouble dissociatif de l'identité, le trouble de dépersonnalisation et trouble dissociatif non spécifié). Le trouble dissociatif de l'identité se caractérise par «la présence de deux ou plusieurs identités ou "états de personnalité" distincts qui prennent tour à tour le contrôle du comportement du sujet, s'accompagnant d'une incapacité à évoquer des souvenirs personnels. Cette incapacité est trop importante pour s'expliquer par une mauvaise mémoire.»

    Saute d'humeur : «Une saute d'humeur se caractérise par un changement extrêmement rapide d'état d'âme. [...] Lorsque ces sautes d'humeur sont peu intenses mais qu'elles constituent un handicap pour le sujet touché, on parle de cyclothymie. À l'inverse, si les sautes d'humeur sont durables et intenses, il peut s'agir de la manifestation d'un trouble bipolaire.»

    Quatre termes, quatre définitions différentes.

     

    Des idées reçues en vrac

    • "10% de son cerveau" : ... un classique de la SF
    • "t'es hémisphère gauche ou hémisphère droit" : plutôt cerveau complet, pour ma part
    • "quand on dit qu'on veut se suicider c'est qu'on va pas se suicider" : prenez au sérieux les appels à l'aide
    • "les psys sont fans de Freud" : ce à quoi je réponds «les thérapies cognitivo-comportementales»
    • (j'en rajouterai en allant)

     

    En conclusion

    Cet article ne présente pas une liste exhaustive des idées de reçues sur la psychologie. Bien sûr, si vous vous étiez renseignés sur la psychologie, vous saviez déjà beaucoup de points énoncés - car ce sont les plus virulents, donc ceux contre lesquels la lutte s'acharne majoritairement.

    J'aurais tout de même aimé synthétiser un peu mieux certains points, et en ajouter d'autres. Mais, par manque de temps et surtout, d'organisation, l'article n'est pas aussi bien que j'aurais pu le souhaiter.

    En attendant, surveillez les informations qu'on vous transmet - même ceux de cet article. Cela évitera la propagation d'autres conneries. Je vous recommanderais aussi de ne pas blâmer une personne qui avait tord ("aha tu voa ja V rézon"), sinon cela ne donne pas envie d'admettre à nouveaux nos erreurs.

    Restons humbles, et sachons dire que nous ne savons pas.

    Si vous avez d'autres idées ou idées reçues sur la psychologie, n'hésitez pas à m'en faire part (en commentaire ou mp). Ainsi, je les ajouterai à ma petite liste en vrac pour peaufiner sauvagement ce petit article !

    ___________crédits__________

     Nyeh :
    EklaBugs #46 - Nié

    Eyael_ :
    Projet Eklabugs : Le jour où l'on mit les cons sur orbite

    Pipiou :
    Projet Eklabugs : Connerie de mise à jour ;)

    Mimicat :
    Eklabugs #46 - Conneries d'une étudiante blogueuse 



    ______________________

    Sources définitions

     

    Sources informations

     

    Aller plus loin

     

    Images et gif

     

    PS : Wikipédia n'est pas une source en soi. Cela regroupe des sources. Les réelles sources sont celles mises dans "Notes et références" sur les pages wikipédia. Mais, comme je suis une grosse fainéante... rip ma méthodologie

     


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 30 Mai à 22:16

    Pour une fois que ce n'est pas moi qui ait pondu un pavé. Passionnant ton article. Son seul défaut : il n'est pas con du tout tongue mais il illustre très bien la connerie (je dirai plutôt l'arrogance de l'ignorance) de pas mal de gens. Il y aurait pas mal à débattre vu que certains qui ne sont pas psy se posent comme tels et de fait donnent une mauvaise image qui favorise les amalgames. Je ne suis pas pour les amalgames mais malheureusement on vit dans un monde où tout le monde aime le superficiel, les étiquettes et les raccourcis. J'ai surtout bien aimé quand tu parle de l'expression "être psychologue" qui est effectivement un dérapage sémantique dans ce cas (mais combien de dérapages et bavures dans le domaine linguistique, ça aussi ça ferait un sujet intéressant). Merci pour ce beau partage qui pour ma part m'a appris beaucoup de chose. J'apprécie ta manière de poser les définitions et je compatis avec toi sur ce que doivent être les échanges avec certains bourrés d'idées reçues. D'ailleurs l'expression parle d'elle-même : ce sont des idées qui ne sont pas les leurs. Ils les ont reçues et ne font que les resservir. Question à se poser : les cons sont-ils capabables d'idées à eux ? De conneries originales ? J'en doute mais c'est normal puisque sinon j'en ferai partie aussi he

    2
    Vendredi 31 Mai à 12:34

    Héhé, il faut bien bousculer nos petites habitudes ! Donc, je me suis portée garante du pavé !

    Oui, des gens s'improvisent "psychologues", mais parfois il suffit d'avoir le terme "psycho" pour qu'on pense que cela équivaut à "psychologue". A une époque, n'importe qui pouvait s'auto-proclamer "psychothérapeute" - maintenant moins, si j'ai bien compris. Par contre, y'a "psychopraticien" qui vient à la charge (comme le titre de "psychothérapeute" est désormais un peu plus complexe à obtenir, il fallait bien lui trouver un successeur.)

    Je suis ravie que mon article est pu t'apprendre des choses intéressantes ! Et, je te remercie pour avoir pris le temps de lire mon p'tit article !

    Je t'assure qu'ils existent des cons qi ont des idées bien personnelles. Mais on peut être originale sans être con et con sans être originale, comme on peut être con et original. Donc, oui. Puis la connerie est subjective, donc faudrait commencer par savoir de quel "con" on parle. Fichtre... En vrai cette question pourrait être amusante à traiter !

    3
    Vendredi 31 Mai à 14:58

    Comme je disais ailleurs, la connerie, comme bien d'autres étiquettes, relève souvent du jugement quand au final ce sont les actes et les effets concrets qui définissent une personne (et encore sur un temps donné car on n'est pas figé ni dans la connerie ni dans autre chose — du moins je pense :lol:). Après, c'est une affaire de vibration. Détecter un con pour s'en préserver n'est pas un jugement. C'est du discernement. Oui, sujet intéressant mais je crains trop complexe à proposer.

     

    4
    Vendredi 31 Mai à 18:24

    Merci, merci, merci ! J'espère que tu auras tout plein de lecteurs sur cet article ! Je fais pas d'école de psycho mais j'ai eu l'occasion d'avoir quelques cours dans le cadre de mes études et connais quelques personnes ayant des troubles psychologiques et franchement entendre le genre de conneries que tu cite ça a vraiment le dont de m'énerver ! J'ai même une de mes profs supposée de psycho (pour moi elle est prof de philo et ils ont dû se dire que c'était pareil pour nous la mettre dans les pattes) qui nous a raconté des conneries mémorables sur la schizophrénie ou l'agoraphobie (genre une personne agoraphobe a peur des grands espaces vides pour elle ce qui pour moi est loin d'être le cas). Finalement heureusement q'une infirmière en psychiatrie et des profs de physiologie sont passés par là sinon tout le monde aurait cru ce qu'elle racontait (ils se seraient pas embêtés à chercher pour la majorité). Et puis ce stéréotype comme quoi la psychologie où on a un "don" ou alors ça sert à rien... C'est l'idée qu'on beaucoup des gens de ma promo donc ils ne bossent pas (résultat 10 rattrapages sur 15 et c'est la faute de la prof, il faudrait qu'ils se posent des questions parfois).

    Enfin tout ça pour dire que j'ai vraiment apprécié lire ton article et que j'espère que certains prendrons conscience de leur bêtise en le lisant !

    5
    Vendredi 31 Mai à 18:29

    Si un jour tu écris sur la schizophrénie, ça m'intéresse. J'ai un vieil ami américain dont le fils en est atteint. Une sacré galère et la médecine n'aide pas à le bourrer de médocs. Là son fils est reparti avec sa mère en Suède mais les traitements n'ont pas l'air mieux qu'aux States.

    6
    Samedi 1er Juin à 01:03

    Eyael :

    En réalité, la façon dont on se définit chance avec l'âge. Mais bref !

    Pour la schizophrénie, si tu souhaites des informations, voici quelques vidéos (de personnes qui savent de quoi elles parlent) : Schizophrénie - PsychoCouac #4 de PsychoCouac, Personne n'est schizophrène ! - PSYCHOTIK #4 du Psylab.

    Ensuite, voici quelques autres pages web : Schizophrénie de l'Inserm et Schizophrénie(s) de Psycom (y'a de la redite entre les deux sources).

     

    Mimicat :

    De rien, de rien, de rien !

    Pour l'agoraphobie, c'est souvent réduit à "peur des grands espaces". Mais, il s'agit plus d'une peur d'incapacité à fuir, s'échapper ou de ne pas pouvoir être aidé lorsque des symptômes surviennent. Donc effectivement, "peur des grands espaces" ne correspond pas à la définition donné à l'agoraphobie en psychologie.

    Après, c'est dommage qu'ils n'aient pas pris une personne qualifiée pour vous faire les cours. En plus, la psycho, c'est intéressant, et ça peut intéresser des gens. Mais, c'est cool que vous ayez eu d'autres intervenants (histoire de rectifier le tir !)

    • Voir les réponses
    7
    Samedi 1er Juin à 09:14

    Bonjour bonjour tsunn-ami ? (je sors) 

    j'ai lu en plusieurs fois, en plusieurs jours, tout en relisant, et en me perdant quasiment à chaque fois : je crois (j'suis même à peu près sûre) que la psychologie et moi  ça fait un bail qu'on n'est pas super potes beurk peut-être à cause des idées reçues justement ?  ou parce que des postulats -majoritairement vérifiés- en font des normalités applicables à tout le monde ?  Le problème avec "tout le monde" c'est que c'est une somme (?) un groupe (?) d'individus... wink2  

    Pourtant je suis sûre que j'ai ou que j'utilise aussi des idées reçues : parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même ?  he 

     

    8
    Samedi 1er Juin à 12:49

    Merci pour tous tes liens sur la schizophrénie. J'irais voir quand je pourrais.

    9
    Samedi 1er Juin à 16:26

    C'est rythmé, sourcé, clair et synthétique. Un vrai petit essai! ^^

     

    Je pense que c'est important de mettre fin aux abus de langage et aux idées reçues, notamment au niveau des différents secteurs. Par contre, je ne pensais pas que les cursus d'études étaient aussi longs!

    10
    Samedi 1er Juin à 23:33

    Mimicat :

    What... Ah oui, aucun respect, cette prof ! Et, c'est bien que tu lui ais fais la remarque - même si ce fut inutile, de ce que tu me racontes.

     

    Pipiou :

    Bonjour o/ (on m'a souvent fait le jeu de mot x') )

    Arf. Bah, au moins, tu auras essayé, malgré ton aversion envers la psycho (quoique aversion est peut-être un bien grand mot). Alors, le principe d'un postulat est qu'on ne peut pas le démontrer (si j'en ai la bonne définition), donc des l'expression "postulats vérifiés" me laisse perplexe (oui, j'aime titiller !).

    Mais, je pense comprendre de quoi tu parles. Enfin, je sais que, dès qu'on parle de manipulation, tout le monde se dit "pas manipulable", alors que dans les faits, la majorité l'est. Donc peut-être était-ce des exemples de la sorte que tu avais en tête.

     

    Le Borgne :

    Merci bien !

    Je suis d'accord, liguons-nous contre les abus de langage ! En vrai oui. Souvent les gens ignorent qu'ils existent différents secteurs en psycho (si tu parles de ces secteurs là), et c'est dommage.

    Haha x') Pour la psycho, je trouve que 5 ans (sauf pour les métiers nécessitant un doctorat), ça reste correcte. Par contre, 8 ans pour les psychiatres, c'est effectivement long de fou !

    11
    Mercredi 26 Juin à 15:31

    Bonjour, petite mise à jour de l'article.

    1 - les sources ont ENFIN été mises à jour (rien de nouveau, en soit)
    2 - j'ai changé la définition des TDI (troubles dissociatifs de l'identité) / j'avais mal copié collé, sorry
    3 - j'ai changé la définition de saute d'humeur, qui était incomplète

    Voilà !

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